J22 : Eglise de Routges – Manciet – 37,07km – D+398 – D-384 – 7h39
J23 : Manciet – Lelin Lapujolle – 28,14km – D+337 – D-323 – 6h26
Nuit paisible sous la tente derrière l’église. A part un coup de feu vers 22 heures, tiré sans doute par un vigneron qui cultive l’art maniaque de ne pas partager ses vignes avec les animaux locaux! Après cela, tout est calme, même mes voisins des tombes d’à côté n’ont plus envie de mettre le dawa de peur de se prendre une bastos! Je quitte ce lieu de résidence vers 6h40, petit déjeuner à la lampe frontale, repliage de la tente également. Rapidement le jour se lève et offre de magnifiques vues! Sauf qu’il faut que je me retourne pour les admirer et les prendre en photo. ben oui, je marche vers l’ouest / sud-ouest, et le soleil se lève dans mon dos, toujours à l’est. N’empêche, je prends quelques clichets que je trouve très beaux! Il y a un petit inconvénient à marcher vers l’occident : tes mollets bronzent, le devant des jambes,un peu moins! Chère admiratrice, pour info, je n’ai encore rien perdu depuis mon départ à part quelques kilos, et je flotte dans les t-shirts taille S choisis avec mes filles, mais ne te réjouis pas trop vite car je cultive le bronzage randonneur! Trace du t-shirt et du short du moins bel effet! Mais c’est comme ça, l’année prochaine j’irai faire un trek au Pôle Nord, et je ne bronzerai pas du tout!!!
Je m’en approche d’ailleurs puisque ce matin je traverse Montréal! Charmante petite bourgade où j’ai trouvé de quoi reprendre un petit déjeuner! Et très vite j’emprunte une ancienne voie ferrée requalifiée en voie verte qui file tout droit et tout plat. C’est chouette parce que tu déroules du kilomètre : je me suis surpris à marcher aussi vite qu’en rando dans mes Hauts-de-France, 10’30 au kilomètre, on flirte avec le 6km/h… j’ai donné un grand coup de frein, je ne suis pas là pour ça et mes jambes vont se barrer dans les îles pour bronzer en totalité si je continue à ce rythme! Un accueil pèlerin en donativo, le Mille Bornes, permet une pause café, rencontre de Grégoire, un marcheur croisé depuis Miradoux avant Lectoure. Puis, Véronique, une belge de Mons qui termine aujourd’hui son chemin. Je l’accompagne d’ailleurs jusque Eauze, son terminus, je n’y perds pas trop de temps, seul l’hyper-centre de la ville est joli. Intérêt du coin : c’est ici qu’est produit le Tariquet! Ah le petit vin blanc… mais plus de place dans le coffre pour en ramener un carton ou deux!
En fin d’après-midi, je prends mes quartiers dans un tout petit camping aux hébergements dits atypiques : je dors dans une tente modèle XXL type boyscouts! Si tu es un peu regardant, passe ton chemin! Certes j’ai eu droit à un grand lit pour moi tout seul, mais le ménage avait dû être fait il y a plusieurs siècles tant les araignées et autres moutons de poussières envahissaient chaque espace libre! A l’accueil partagé, sur le frigo d’allèchantes glaces étaient proposées… en ouvrant le congélo, j’ai choisi l’option de continuer à vivre plutôt que mourir dans d’atroces souffrances estomacales!!! Les Miko avaient dû décongeler et recongeler plusieurs fois et il aurait fallu un pic à glace pour y accéder!!! Mais j’ai bien dormi! C’est le principal non?
Je m’enfuis donc à la lampe frontale et passe la journée à traverser des champs de cultures certes diverses, tournesols, vignes, vergers, maïs… mais au bout de six heures, ça lasse. Heureusement que pendant quelques minutes je joue à cache cache avec un chevreuil! Il se cache dans les vignes sur l’une des photos…
Je visite rapidement la ville de Nogaro, avec son célèbre circuit automobile, fermé aujourd’hui car privatisé pour un tournage. Le film devrait s’appeler « Rapide », tu t’en rappelleras, j’étais là un des jours de tournage! L’hôtesse de l’office du tourisme ne savait pas quels acteurs étaient là… Mystère. En revanche, je lui fais tamponner ma créanciale, l’écusson est joli, et elle m’explique alors qu’il représente l’emblème gascon souvent vu par ici : le lion. Puis à côté un noyer. Autrefois la région a prospéré grâce à la production de noix et je te le donne dans le mille, en latin une noiseraie se dit Nugarolium, d’où est tiré le nom de la ville Nogaro. A ceux qui pensait que Clade Nogaro avait donné son nom à la bourgade, et ben c’est râté, et Claude Nougaro vécu non loin d’ici, ville rose, Toulouse. Quand tu vois ce nom sur les panneaux routiers, ça fait tout bizarre, et tu chantonnes « Armstrong », « Toulouse » ou le fameux « Il faut tourner la page »… sur le chemin, tout un symbole! Bon, elle me raconte aussi que nous les pèlerins on nous appelle les « Péloï », dans d’autres endroits, on se fait appeler les « sacs à dos »…!!!
A part le circuit, rien ne m’aurait retenu à Nogaro. Sauf peut-ête l’humour de l’hôtesse de l’OT! Alors je trace à travers les maïs. J’avais prévu d’aller jusqu’à Aire-sur-l’Adour. Mais les organisateurs on placé cette ville à 16km d’un charmant gîte, « La grange à Dubarry ». J’y suis accueilli par Philippe et Véronique (décidemment!) qui théoriquement avaient fermé pour aujourd’hui, ils reçoivent des amis dont deux pèlerines croisées ce matin lors d’un accueil pèlerin. Ils acceptent avec joie que je plante la tente, sous un abricotier. Je suis le plus heureux du monde!
Depuis Figeac, je crois, je marche en panta-court et t-shirt depuis le matin. Même avec la frontale! Mais cet après-midi le soleil a cogné fort. Il fait encore 28° à 18 heures, pour les jours à venir, on annonce 34… première confrontation avec les grosses chaleurs et test pour moi. En Espagne, dans la Meseta, il est dit qu’au plus frais de la journée il fait 40… je vais me liquéfier et peut-être rentrer par une canalisation!!!



































Il doit bien se cacher car je n’ai pas vu ton chevreuil . Par contre sympa les ardoises de l’OT . Fais gaffe quand même de ne pas te faire prendre pour du gibier , ils ont l’air équipé par là-bas ….
Comme toujours j’adore la petite phrase sur les pierres du chemin que tu nous partages « nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres nous l’empruntons à nos enfants »…
Entre les tirs, les voisins de tombe et ce camping … tu auras aussi donné dans l’insolite !
Pas vu non plus le chevreuil …