J43 : Tardaros – Hontanas – 22,16km – D+239m – D-192m – 5h45
En continuant après Burgos, je faisais un pari… risqué : laisser le groupe et continuer les dix kilomètres avant la prochaine auberge en pouvant ne pas y arriver car carbonisé par le soleil, mais je m’assurais l’entrée dans la Meseta en solo. Et je voulais absolument entrer dans la Meseta en solo. J’ai donc gagné mon pari à moitié puisque je suis arrivé à demi cramé à l’auberge de Tardaros. Nan, j’rigole! Etonnemment, j’ai bien résisté à la chaleur étouffante, je le reconnais. Le petit vent a aidé la tête à continuer à diriger les jambes.
Et quel bonheur au petit matin de se mettre en route avant le levé du soleil, il fait frais, tu as l’impression que les premiers paysages te sont réservés, et que tu fais la trace pour ceux qui suivent.
Et puis, ce paysage progressivement s’appauvrit de riches champs de blé à perte de vue et tu te dis « ça y’est, j’y suis »!!!
Je me suis renseigné sur la Meseta avant de partir, j’ai écouté beaucoup de monde en parler, dans toutes les langues, en bien, en mal, j’ai reçu des conseils, de « vas-y, le chemin sans la Meseta, c’est pas le vrai chemin » à « Prends le bus à Burgos jusque Leon, tu verras, tu vas t’économiser des souffrances »! Sauf que je ne voulais pas m’économiser de quoique ce soit. Je l’avais préparé ce passage, un peu du style « au cas où j’y arrivais quand même, on sait jamais »! Et plus Burgos approchait et plus j’étais heureux d’y arriver et y mettre les pieds pour m’y confronter. Alors, ce n’est que le premier jour, je ne dirai peut-être plus la même chose avec autant d’enthousiasme dans quelques jours, ce désert s’étend sur deux cents kilomètres! Toi tu te dis, deux cents bornes, nan mais t’es cinglé. Moi, je crois que je vais adorer! Pour te faire une idée, la Meseta c’est la Beauce avec du relief. Des champs de blé à y perdre la vue, et rien d’autre à y perdre la tête. Au milieu, un chemin de poussière blanche qui te recouvre les chaussures façon sucre glace sur ta gaufre! Pas la peine de les secouer, deux secondes plus tard c’est pareil! Au plus loin ou tu peux porter ton regard, ce ne sont que des champs, moissonnés ou pas. Faut pas être claustrophobe de cette prison de panorama. Et plus tu avances moins vite, plus il fait moins froid et plus il y a moins de décor dans le paysage! Et plus tu te sens seul, mais vraiment tout seul au milieu d’un immensité que je n’imaginais quand même pas aussi immense.
J’arrive à l’auberge relativement tôt, 14h30, j’ai pris mon temps. Il est 18h et encore 35° à l’ombre. J’ai retrouvé tout le groupe, les impressions sont les mêmes, tous ont aimé même s’ils ont plus souffert de la chaleur que moi. En tous les cas, tous heureux on va déguster notre prochaine bière en terrasse, et promis, demain on reste ensemble!

















C est vraiment impressionnant ces étendues désertiques. Profites bien de ces grands moments.
Waouh !!! Ca porte bien son nom de désert , paysage presque monochrome et poussière à gogo . La gourde doit se vider vitesse grand V . Emotions garanties avec ce spectacle et cette marche dantesque . Tu dois en prendre plein les yeux et la tête , alors bonne traversée qui restera bien gravée dans tes muscles et tes souvenirs .
Dingue ! TU Y ES !
Cette sensation de vivre ça alors que tu pensais ne pas arriver jusque là…ça doit foutre le frisson !
Effectivement rien qu’à regarder les photos on a la goute au front , courage et beaucoup d’eau pour tenir (la bière aussi ça hydrate ça va)
Le « j’y suis » veut dire beaucoup et fait frissonner naturellement. Que de sensations!
Mais qu’est-ce que tu fous en Espagne ??
T’aurais pas mieux à faire que de bronzer en vacances ?
Tous des flemmards ces jeunes !
Ah… je suis en Espagne… me disais bien, les gens ici ne parlent pas beaucoup français ! J’étais à deux doigts de prendre un billet pour aller bronzer en Bretagne!