J7 : Les Cambrassats – Espalion – 23,02km – 6h07 – D+479 – D-985
Cela fait une semaine que je marche. Et franchement? Je signe pour une deuxième semaine!!!
Ce matin, départ vers 7h45. Avant, j’avais libéré Némo et Kermit la grenouille de mes chaussures! Puis, par un judicieux et très ingénieux montage, j’ai bloqué mes chaussettes dans la porte du placard situé juste au-dessus du grille-pain… et tu devines ou tu imagines la scène??? J’ai grillé mes tartines, la chaleur a fait sécher les chaussettes!!! Enfin, vu comment elles s’étaient enfilé des litrons de flotte hier parce qu’un abruti de randonneur a fait la sieste au lieu de les rentrer aux abris, je crois que ce soir, j’appuyerai encore sur le bouton du grille-pain pour espérer porter des chaussettes totalement sèches, madame l’archiduchesse. De même, j’ai pendu au fil à linge la tente pour qu’elle rende à dame nature l’eau de pluie de la nuit et de rosée du matin… ça ruisselait de la toile, jamais vu ça. Ensuite donc, petit déj à la mode Claude François ou presque (moi j’y ai échappé au coup de chataigne, t’es pro ou tu l’es pas!), petit coup de balai dans le logis, je rembale tout dans le sac et en route. Il a fait beau aujourd’hui, je croyais voir biches, chevreuils, renards, sangliers de loin, et finalement, rien… Je pense qu’il faut partir encore plus tôt…
Toujours en Aubrac, je vais entrer ce jour en Aveyron, à pieds et pas en avirons, alors que je le pouvais puisque je vais longer le Lot à partir de Saint Côme d’Olt (anagramme de Lot… curieux!).
Le soleil réchauffe le coeur, c’est déjà ça, les pieds font de la brasse coulée, je leur fouts la paix. Normalement, cette journée est un peu une journée de transition, pas trop de dénivelé (t’as vu les chiffres là-haut? Faut pas demander quand c’est pas une transition…), je quitte l’Aubrac, et entre dans de nouveaux paysages. La matinée n’est que traversées de forêts de marroniers, typiques et symboles de la région, la brume me rattrappe, beauté et ambiance de film à suspense.
Ces deux jours, je n’ai quasiment pas rencontré de pèlerins. Mais comme j’ai redécoupé l’itinéraire depuis Nasbinals pour rallier Conques en quatre jours et non cinq, je me retrouve en décalage avec les autres qui respectent les « guides officiels ».
Saint Côme D’Olt est donc le premier village aveyronnais que je traverse. Bâtisses de vieilles pierres, ce village a été élu « Plus beau village de France » et possède un riche passé propère car situé à la croisée de deux voies de circulation importantes, l’une dite préhistorique, l’autre romaine. Saint Côme était un point de passage obligé entre les causses et les hauts plateaux d’Aubrac. En sortant du bourg, je déjeune avec vue sur le Lot et le village en surplomb. A l’office du tourisme, l’hôtesse me conseille de longer le Lot jusqu’à Espalion, c’est une variante du GR qui fait économiser deux kilomètres et un peu de dénivelé. Je l’écoute et n’en fait qu’à ma tête, je reste sur le GR! Elle m’avait dit « un peu de dénivelé »… Le concept du « un peu » m’étonnera toujours chez certaines personnes! J’en ai bavé sa mère (mille excuses maman si tu me lis, ce blog est fait en priorité pour toi, mais là je n’ai pas trouvé d’autre expression plus parlante…!). Alors, certes ce n’était pas facile, mais quels panoramas vus de là-haut! Aux pieds de la statue de la vierge qui domine la vallée, à droite je vois Saint Côme et les Monts d’Aubrac, à gauche Espalion et les causses. Personne ne sait dire si la Vierge regarde plutôt St Côme, plutôt Espalion. On dit qu’elle plante son regard vers les Hauts de l’Aubrac. Pour info, St Côme est à 350m d’altitude, la statue à 525m, 6km plus loin. Dénivelé de sa m… !!!! ça m’a pris presque deux heures! Après, je n’avais rien d’autre à faire!
J’arrive à Espalion à 15h, le camping ouvre à 16. J’ai le temps de faire quelques courses pour le repas du soir, chips pour le match de foot! et visiter cette jolie ville. Je prends mon emplacement, j’apprends à l’accueil qu’il y a une… piscine au camping!!! Premier moment de luxe où je m’empresse d’aller pateauger avec Nemo et Kermit!
Il fait soleil en fin d’après-midi, j’étends sur l’herbe de mon emplacement mes vêtements qui n’étaient toujours pas complètement secs, monte ma tente qui finit aussi de s’assécher et profite d’un moment de rien faire, en attendant le match.
Mon prochain objectif secret approche : Conques… je serai un conquistador en entrant dans ce village culte du chemin de Saint Jacques de Compostelle parce que dici-là il y aura encore un peu de dénivelé et 45km à tenir. Ce soir, après quelques alertes aux genoux des jours précédents, c’est la première fois que je ne mets pas de pommade sur ces articulations ni même d’huile essentielle de lavande, l’aspic, celle qui soulage toutes les petites douleurs. C’est le métier qui rentre?

































Top! Gros bisous Michel et embrasse Nemo et Kermit pour moi 😂