J2, Saint Privat d’Allier – Saugues
21,14km 5H56 – D+709m – D-674m
Alors que le spot choisi sentait bon le super panorama pour le petit déj, c’est face à une mer de nuages me bouchant la vue que j’ouvris la porte principale et unique de mon logis de toile. Et donc, petit déj dans le brouillard, café soluble mais petits pains au chocolat frais de la boulangerie du village ouverte dès 6h30 du matin. Je te passe le pliage de la tente détrempée… Ah oui, tu n’étais pas là cette nuit! Le montage de la dite tente s’était passée sous un soleil radieux ce mardi vers 15h30 après mon arrivée à St Privat. Petite sieste, et patatra, orages de 17h à minuit!!! Franchement…??? GENIAL!!! le clapotis de la pluie sur la toile m’a bercé et j’ai super bien dormi : pas de ronfleur, le calme!!! Certes des éclairs qui illuminaient l’intérieur façon stade de foot soir de grand match. Mais un pied terrible. Et forcément, au réveil, pas de visibilité et pliage d’une tente détemprée = poids en plus à supporter toute la journée. Et quelle journée! Rien que le dénivelé positif fait peur. On dirait que les gentils organisateurs voulaient être certain que je voulait le faire ce chemin! Et pour vérifier, ils m’ont mis sur le parcours des montées de dingo! Je me rappellerai longtemps de la montée de La Madeleine, après Ministrol d’Allier. J’ai pris mon excellent sandwich pour le midi dans ce village, mais ça n’excuse pas tout. La remontée de cette vallée vers Saugues était proche d’un enfer pour les jambes, les articulations, le dos, le moral, tout! J’en ai ch… comme un brave mais je me suis éclaté et rendu compte que j’y arrivais, que j’ai le physique qui tient le coup, et que Saint Jacques de Compostelle c’est pas une promende de santé, il faut aller chercher au fond de soi les ressources et se bagarrer avec les éléments pour avancer.
Mais le plus beau, reste la rencontre des autres pèlerins qui galèrent autant que toi! Agnès, qui vient de Valence et qui espère aller jusqu’à Porto, au Portugal! Si si, j’te jure! Les trois poteaux, Pat, Fred et Thierry, trois pompiers retraités de Toulouse qui font chaque année une expédition ensemble. Et Pauline, parisienne avec qui nous avons longuement échangé, sur tout, sur rien, et au même rythme, nous avons terminé l’étape en terrrasse pour partager un coca zéro bien frais. Au soir, pizzéria de la mort qui tue, puis au camping en partageant un thé tous les cinq avons refait nos mondes où chacun y allait de son parcours de vie, d’anecdotes en conseils, toujours bienveillants et attentifs… C’est sans doute ça la vraie magie du chemin. Je ne sais pas si je les croiserai à nouveau, ils resteront comme mes premiers amis du chemin et leur souvenir me restera précieusement en mémoire pour bien longtemps.
On annonçait des orages pour la nuuit, elle fût calme et tranquille…













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