J3 : Saugues – La Chapelle Saint Roch
23,25km – 5h43 – D+562m – D-250m
Je quitte aujourd’hui la Haute-Loire pour entrer en Lozère cet après-midi. Et si je te disais qu’aujourd’hui c’était une très belle journée, encore! La nuit au camping s’est bien passée, petit déj royal, croissants et café… soluble… beurk mais tellement bon à la fois parce que ça résume tout l’esprit du camping sous tente, allumer le réchaud à l’alcool, risquer de faire péter tout le camping, attendre que l’eau boue, pendant ce temps commencer à ranger, plier la tente… chargée de rosée donc à nouveau poids d’eau à se farder toute la journée sur le dos. Les joies du camping je te dis!
Départ vers 8h15, en duo avec Pauline, mais bien vite elle me lâche dans la première montée. Pas parce que je n’arrive pas à la suivre, mais parce que j’écoute mon corps et j’adopte une allure qui me sied sans me faire souffrir. Le poids du sac se fait sentir, 14kg sans eau, sans la rosée non plus. Depuis hier les hanches m’envoient des signaux douloureux. Alors je porte le sac plutôt sur les épaules aujourd’hui, mais pareil, les épaules me disent que je pousse le bouchon un peu trop loin. On n’est même plus maître de soi chez soi! Alors je n’écoute personne et je marche. Petit dénivelé, en tous les cas plus progressif et BEAUCOUP moins brutal qu’hier! Je passe la majeure partie de la journée seul, retrouve d’autres pèlerins dans des fermes qui proposent café, spécialités locales, accueil, sourires et papotages. La météo prévoyait des orages dès quinze heure, rien, nada, beau soleil et chaleur. 27° max aujourd’hui, on avait frôlé les 30 hier. Il y a régulièrement des points d’eau, fontaines potables, d’autres moins, riverains qui proposent parfois spontanément de remplir la gourde. En moyenne depuis le départ du Puy-en-Velay, je m’enfile 5 litres d’eau par jour. Et curieusement, peu de pause pissou le long du chemin! Le t-shirt, lui, est constamment détrempé, mais comme je les ai choisis en laine de mérinos, ils sont très légers respirants, sèchent vite et ne retiennent pas les odeurs de transpi… cool pour le soir aller en boîte…!!! J’rigole!!!
Je te raconte mon orgnisation d’après marche : dès que j’ai trouvé un spot pour planter la tente, en l’occurence ces deux derniers soirs des campings, je construit ma maison en toile, ça permet qu’elle sèche, enfile mes claquettes de compétition, file à la douche, papote, et sieste si besoin, faut bien recharger les batteries! Petit thé, pas de grignotage jusqu’à présent, pas envie ni besoin, et blog ou je me lance dans une activité de rien foutre à contempler le paysage. Essaie, c’est franchement pas mal. Sinon, recherches pour le lendemain, étude du parcours, des points de chute pour dormir. Le soir arrive vite, cuisine, re papotage, diner au soleil et dodo. Voilà la soirée type que je risque de faire régulièrement. Sauf ce soir : si j’avais suivi le déroulé du parcours « officiel », l’étape de demain faisait 29km. En grattant un peu je fais 23km aujourd’hui, 4 de plus que prévus, ce qui diminue à 25 celle à venir. Mais de fait, pas de gîte, ni auberge, encore moins de camping : c’est bivouac sauvage ce soir! Dans un lieu-dit charmant, La Chapelle Saint Roch, et effectivement je suis derrière une très belle chapelle, assis dans un ancien théâtre, la tente étalée de toute sa surface pour sécher. Mais pas de douche, quand même un accès à l’eau (une fontaine, j’ai une gourde munie d’un filtre qui éliminerait 99,99% des cochonneries présentes dans l’eau…) et des toilettes sèches. Et pas de possiblité de recharger le smartphone. J’ai néanmoins une batterie nomade qui me permet 3 recharges complètes du tél (mais il y a aussi la lampe frontale, le clavier bluetooth, les écouteurs, le frigo congélo, l’aspirateur, la cafetière, la télé…!). Donc confort sommaire ce soir, et seul au monde puisque les pèlerins s’arrêtent dans un gîte d’étape en amont, Le Sauvage, un ancien hospital templier qui propose le couchage en dortoir majoritairement, donc ronfleurs et autres bruitages à devoir supporter. Choix personnel de bivouaquer, ce n’est pas plus mal!
Les orages étaient encore annoncés, mais rien l’horizon. Il paraît que nous sommes dans une année à 13 lunes et que c’est à cause de ça que la météo est détraquée… ça veut dire que ce serait la lune responsable du réchauffement climatique? Et donc, on peut laisser nos box allumées la nuit et faire le plein de gasoil dans nos réservoirs??? Aller, c’est ma tournée!!!
Ce soir je suis trop heureux : j’attaque l’Aubrac, et ça c’était mon premier objectif : vivre la traversée de l’Aubrac!













très sympas le résumé des 3 jours, continue comme ça mon père !!
Ma très chère fille, tant que le physique me portera, que raconter mes rocambolesques histoires me fera du bien, je continuerai de résumer les prochains jours. Et même s’il n’y avait que toi qui lisait cette aventure, je continuerai. Parce que c’est toi…