Saint-Valéry-sur-Somme – Avril 2024
Vous vous rappelez la rando de la semaine dernière m’avait laissé un très léger, mais très léger, goût amer, saveur ras le bol
. Celle de ce week-end devait être exceptionnelle pour rattraper ce demi fiasco et réconcilier la tête et les pieds… puisque si la première ne veut pas, les seconds iront nulle part.… 
Et bien, je vous raconte…
La seule pensée de me retrouver dans ce lieu me faisait déjà super plaisir
. Préparer le parcours au départ de Saint-Valery-sur-Somme m’a redonné l’envie (pour les puristes, il faut prononcer Valry, le « é » passe à la trappe, allez savoir pourquoi
). Village côtier en baie de Somme. Ah, la baie de Somme ! Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, considérée comme l’une des plus belles baies du monde
J’ai foulé de mes pieds LA PLUS BELLE BAIE DU MONDE. Nan mais j’y crois pas !
Ouaip, j’y crois pas et je m’emballe un peu je pense… mais bon, revenons sur terre en somme, parce que la baie classée numéro un par l’UNESCO, ça doit être autre chose quand même ! Néanmoins, un peu d’histoire
: Jeanne d’Arc n’y est jamais allée dans cette baie number one, alors qu’à St Valery, elle y est passée avant de finir du côté d’Orléans, comme chacun le sait, complètement cramée
. En passant par là, elle a dû lever une micro onde d’émotions au sein de la population, les réseaux sociaux n’existant pas encore faute de débit alors que les débits de boissons fleurissaient pour désaltérer les badauds ébaubis de la voir passer sans tambour
ni trompette
… ni snap et encore moins d’insta… Je te laisse imaginer un TikTok avec Jeanne préparant un barbecue avec de l’alcool à brûler… 
Bref, après ce récit très réaliste d’histoire locale
, quelques mots sur cette marche empruntant les pas de Jeanne, pour une boucle autour de St Valery, soit un petit 25km. Et pour corser le tout, test en condition réelle de randonneur averti
, tel le pèlerin en route pour un trajet à durée indéterminée, donc qui a intérêt à prévoir quelques affaires dans sa besace
. Il est dit qu’il faut respecter la règle des 10% de son poids pour connaître le poids max du sac. Bon, j’ai forcé un peu la mule, ou je ne sais pas poser une règle de trois, mais j’avais un bon douze et demi pour cent de mon poids dans le dos. La tortue ! Le « et demi » converti en kilos
, je te jure que ça fait du poids ! Pour se motiver, il n’y a pas deux cents solutions : soit tu regardes devant et tu y vas, tu marches, soit tu bois rapidement les quatre litres d’eau que t’as chargé
… j’ai opté pour le choix 1 !
Rando sympa, dans des beaux paysages, dépaysement total, dans la tête un petit « Face à la mer, j’aurais dû grandir… » mais aussi « face à l’amer j’aurais dû m’enfuir, je vais finir par courir, je devrais me prémunir… » Envoyez 1 par sms au 07…
Parce que, sans mentir, jamais la météo n’a été aussi peu clémente avec moi ! Crachin, averses, grésil, grêle 
… Elle ne m’a pas fait de cadeau. Avec en plus un vent à te retourner les neurones et se les faire reconnecter ! Le vent, soit il apportait les nuages et la pluie, soit il les chassait pour laisser passer le soleil et sécher les habits ! Comme si le test du sac n’était pas suffisant…
Réconcilié donc avec la marche qui fut un court voyage pour les jambes, mais une longue évasion pour l’esprit. C’est un moyen de s’échapper, d’oublier les coups de moins bien. Le poids du sac n’a pas tant d’importance finalement, puisque seule la masse des souvenirs qu’on accumule nous apporte l’expérience, la richesse, la sagesse, l’amertume, le chagrin, qui nous (a)guérissent pour que demain soit encore plus beau ! Et y réfléchir en marchant vaut son pesant d’or !
Et donc demain, la prochaine… Sincèrement, cette rando fût réellement exceptionnelle. Alors demain, ben j’en sais rien. Mais j’espère après-demain pouvoir m’évader vers la plus belle baie du monde.











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