J60 : Visite de Fisterra
Où se finit la Terre… Ouaip, ben j’ai rien vu!
Départ en bus de Saint-Jacques à 9h00. Je suis tout de suite dans l’ambiance et comprends rapidement le style de conduite des espagnols. Le chauffeur de bus est le frère refoulé de Fernando Alonso! A fond, à fond, toujours à fond! De toute façon ça va passer! Ça secoue!
Le trajet d’un peu plus de deux heures en bus (trois jours à pieds!) est sympa. On longe rapidement l’océan! Comme disait quelqu’un que j’ai bien connu, c’est quand même beau la mer! Je suis comme un gamin qui la voit pour la première fois. Et y’a pas à dire, c’est franchement joli et ça me manquait. Les vues, que Fernando me laisse la possibilité d’admirer lors d’un ralentissement forcé, sont magifiques mais dans la brume… Parfois je me vois dans le sud de la France, parfois en Bretagne. Il y a ces baies et ces abers qui font penser au Finistère breton. Ces villes et ports animés qui me rappellent certains coins sudistes. Plus j’approche de Fisterra, Finisterre, Finisterra… j’ai l’impression que tout se dit et que tout le monde sait de où on parle, plus la météo est mauvaise. Maintenant il pleut franchement, et point de vue visibilité, je suis complètement dans le brouillard. Dès la sortie du bus, je m’engage vers le phare, à trois petits kilomètres de la ville de pêcheurs. Je passe à côté de la statue qui rend hommage aux pèlerins. Et j’arrive à la borne du kilomètre zéro! Bout du bout, je ne peux aller plus loin! Enfin si, y’a moyen d’aller jusqu’à la pointe mais à quoi bon, j’entends bien les vagues se fracasser contre les rochers en contre bas, mais je ne les vois pas, je suis même incapable d’estimer la distance entre la mer et moi!
Je prends ma photo au km0. Il y a un monde pas possible, ça doit être la sortie du week-end des espagnols! En m’approchant de la borne, je sens qu’on agrippe la bâche de mon sac… C’est un papi qui me précède depuis la ville et dans toute la montée. Avec son petit groupe d’amis de la même génération, ils n’ont pas arrêté de squatter tous les lieux à photographier. Et que chacun se mette tout seul devant la statue, et que tout le groupe pose à son tour, et on change l’appareil photo, ben oui à cet âge là on ne sait pas qu’on peut s’envoyer la même photo grâce à son smartphone. Et là, alors que je regarde la borne, papi il croit que je veux le gruger dans la file d’attente!!! Il pense le vieux que j’ai fait 1600 bornes de bienveillance et respect d’autrui, et que je suis pressé de prendre mon cliché en étant mal poli devant un ancêtre, nan mais, je rêve!!! Au lieu de l’envoyer se fracasser sur les rochers en contre bas, je vais prendre un café et le laisse prendre en photos sa horde d’édentés, chacun en individuel, puis en collectif, et que je te fais tourner les appareils! Je ne m’attendais pas à un retour à cette brutale et stupide réalité en ce lieu. Mon café était très bon, quelques minutes plus tard il n’y avait plus personne devant la borne du km0, et j’ai pris ma photo tranquillement.
Je reviens par les chemins parallèles, à travers une lande qui doit être magnifique sous le soleil, et qui a l’avantage de ne pas attirer les touristes endimanchés. Je suis seul, et me dirige vers la plage Do Mar de Fòra, plus intime et sauvage que la grande plage de Finisterre. Je voulais clôturer mon pèlerinage en mettant les pieds dans l’océan. Mais, franchement, comme la mer était déchainée et que les vagues faisaient de gros rouleaux, cela aurait été beaucoup trop dangereux… alors, sans remords ni regrets, j’y vais quand même! Et ça m’a fait du bien! L’eau n’était pas froide du tout, c’était très agréable. Agréable jusqu’à une vague que je n’ai pas vue arriver puisque je prenais mes pieds en photo (j’aurais aimé que le papi soit là pour me dire « fais gaffe, y’a une déferlante en approche », mais bon, il devait sans doute photographier mamie devant le stand de souvenirs!). Et me voilà détrempé en haut par la pluie et innondé jusqu’à la ceinture par la mer! ca m’a bien fait rigoler, mais pas mon portable… il s’est mis en échec total et rideau, plus d’affichage. Panique à bord, pas pour le portable mais pour les infos qu’il y a dedans : et surtout références du billet retour en France! Tout est bien qui finit bien, je réanime le bazar en le secouant fort, massage cardiaque électronique de sauvage, et ai réussi à le sauver!
Point de vue organisateur de randonnée, je suis quand même champion du monde! Faut pas oublier que j’ai perdu ma gourde filtrante, mon couteau, et mon chargeur de tél m’a lâché il y a 5 jours… si tu penses à moi pour organiser un raid, rappele-toi ces quelques détails! Perdre le nécessaire pour boire sainement, préparer à manger, et se retrouver déconnecté pour appeler les secours… je pense qu’il faut miser sur un autre cheval!
Mon retour à Santiago en bus se fait tranquillement, c’est le cousin de Fernando, testostéroné avec une chouille de Carlos Sainz qui a pris le volant, autant dire qu’on est rentré en deux deux!
Dans l’albergue réservée pour ce soir, je retrouve… Juan et Gautier! Grandes retrouvailles, joies et congratulations. Nous racontons chacun notre tour nos arrivées et derniers jours de marche et décidons d’un accord très commun d’aller fêter dignement cela en ville.
A partir de ce soir, Santiago et nous trois allons nous rappeler longtemps de notre virée des bars. Nous avons choisi de ne pas rester en bar fixe, avons préféré la stratégie du bar latéral pour notre barathon… Sangria, je peux te dire laquelle est la meilleure de la ville et dans quel établissement aller. Vino tinto à table, celui de la Rioja, à défaut, a bien accompagné les plats. Et avant d’oublier complètement où nous habitions ce soir, le Patxaran a coulé à flots…
Sur le retour, nous découvrons aussi une ambiance inimaginable sur la place face à la cathédrale. Il est bientôt minuit, petits groupes de musiques et chants traditionnels repris par toute la foule… là ça te met les poils au garde à vous, tu regrettes d’avoir pris ton billet retour parce que demain tu ne verras plus ça, tu ne connais pas les paroles mais tes mains battent la mesure, tes jambes ne réclament plus de marcher mais dansent toutes seules, tu es vraiment dans un autre monde que seul le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle peut te faire découvrir…
























Et pour finir la mer ! Ça change complètement pour ce grand final . Pour info si je devais avoir quelqu’un pour organiser un voyage je ne voudrais personne d’autre que toi , un grand pro !
Dommage pour la météo du dernier jour.
T’inquiètes, il fera soleil à La Rochepot pour t’accueillir 😉🌞
Quel super dernier jour et dernière soirée pour clôturer ce beau voyage
Bon ok il te manquait le soleil mais qu’importe quand on est heureux !
PS : eh beh heureusement que tu avais repris l’alcool avant ton départ … en plus pour ça pas besoin de gourde filtrante 🤪
Bravo pour ces 60 jours (bravo, félicitations tu les auras entendu / lu ces mots!)
Un peu jalouse de ne pas avoir été à la rochepot pour ton retour
Gros bisous, à très vite