J59…. tu le crois ça?????
Ca y’est, j’y suis! JE SUIS DEVANT LA CATHEDRALE DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE!!!
Nan mais! J’en reviens pas…
Peut-être tu dis « merde, il l’a fait ce con! » un peu comme moi ce matin, je me suis entendu dire à 4h40 quand je me mettais en marche « P… de b… de m… de la folie d’sa mère, quel con d’sa race »… ouaip tout y est passé mais à 4h40 on n’a pas l’esprit forcément allumé à tous les étages! Et oui, je n’en reviens pas!
J’étais en pleine forme après avoir dormi onze heures sur la journée d’hier : 4 heures de sieste et une nuit complète de 7 heures! A mon école, le compte est juste! Bon, j’étais quand même un peu fébrile, ça se ressentais dans des petits détails, comme vérifier le sac plusieurs fois pour voir s’il était bien fermé, j’ai lacé mes chaussures comme un apprenti boucher ficelle pour la première fois son rôti, autant dire que ça ressemblait plus à de la grosse daube qu’à un travail d’un gars qui a fait ça parfaitement pendant 58 jours de suite. J’ai oublié de mettre en route mon appli de suivi GPS, tous les calculs sont faussés! Bref, en pleine forme, mais chamboulé le gentletrekker!
En plus, tu te doutes qu’au départ d’autres matins à la frontale vers 6 heures tu vois rien, là à 4h40 ce n’est pas mieux! J’arrive à voir les bornes. C’est déjà ça, sachant que la borne n’est rien d’autre que la chose vitale la plus importante du chemin, si tu la râtes, tu te retrouves à Madrid comme pour rire. Et là, je te dis par fébrilité, j’en râte justement pas une, mais trois! T’imagines, j’ai failli voir le panneau « Barcelone 12km »!!! Heureusement, c’est tellement bien signalisé en Espagne qu’après 200 mètres si tu n’as pas vu une borne, une flèche, une coquille, et bien c’est que tu fais fausse route. Après avoir récupéré le bon chemin trois fois donc, je m’approche de Santiago. Quel choc! Tu t’attends à quelque chose de grandiose, qu’on t’accueille avec un collier de fleurs, des musicos, que la cathédrale soit illuminée et que tu la vois depuis 5 kilomètres avant de pouvoir la toucher. Que nenni… Tu traverses d’abord des ponts qui enjambent des autoroutes, puis les faubourgs, des résidences, et un tas d’avenues sur près de 5 kilomètres où se suivent commerces, bureaux, et tout ce qui rend une ville moderne.
Mais dès que tu entres dans la vieille ville, quel bonheur! Toutes les rues deviennent piétonnes, les façades encore éclairées par la lune sont plus jolies, là ça devient accueillant. Rien que pour moi!
Et puis, plus tu avances plus tu vois les kilomètres réduire. Les bâtiments deviennent ostentatoires, grandioses, tu passes à côtés d’universités, de musées, sous des arches qui abritent des boutiques, tous faits de vieilles pierres… Et tu repères l’arrivée que tu as si souvent vue sur des vidéos : cette espèce de long porche en descente, le sol est irrégulièrement pavé, comme un dernier défi avant d’arriver… sur la place de la cathédrale de Santiago! Et là… patratra! Gros craquage, les nerfs ne répondent plus de rien, je m’assieds en plein milieu de la place, mon sac dans le dos me retient. Il n’y a qu’une dizaine de pèlerins sur toute la place, autant dire que l’espace n’est que pour moi! C’est magnifique! Tu ne sais plus où ni quoi regarder, c’est comme sur les images vues et revues en vidéo mais cette fois-ci mes yeux sont les objectifs!
Après, je dirais une bonne demi-heure, c’est mon premier ami du chemin rencontré à Moissac qui arrive! Samuel, parti de Besançon le gars! Il est arrivé il y a deux jours à Saint Jacques. Ça fait deux jours que ses nerfs le lâchent, je peux pas le laisser tout seul! On se prend dans les bras! Encore un grand moment! Ça nous prend le temps que ça nous prend, pour l’heure on n’a plus d’urgence ni rien d’autre à faire, mais au bout d’un moment on décide d’aller boire un café histoire de fêter nos arrivées!
Il me propose de garder mon sac pendant que je visite la cathédrale : quelle chance, à cette heure du matin, il n’y a que cinq curés qui mènent les vêpres (je ne sais toujours pas à quoi ça sert ni ce que ça représente dans la religion!) et quelques aficionados de ces rituels, donc la cathédrale est quasiment pour moi seul! Quel privilège! Je peux visiter les chapelles, le sous-terrain qui mène au tombeau des reliques de l’apôtre St Jacques, j’en prends plein les yeux. Le botafumero trône au-dessus de l’hotel. C’est ce fameux encensoir que les prêtres font fonctionner à certaines occasions, il mesure 70 cm de diamètre et ils le font balancer à travers toute la cathédrale. Soi-disant il servait à masquer la mauvaise odeur des pèlerins quand ils arrivaient au bout du pèlerinage. Ah bon, le pèlerin pue… Histoire à revoir!
Samuel repart à pieds vers Finisterre.
Ensuite, matinée du pèlerin qui arrive à Santiago : bureau d’accueil des pèlerins pour aller chercher sa Compostella, le fameux diplôme, recherche d’un hébergement, Samuel m’avait indiqué une adresse : grand luxe, je me retrouve dans un établissement historique de la ville et du pèlerinage, s’y cotoient clients en suite dix-huit étoiles et nous, pèlerins presque enguenillés! C’est plutôt rigolos et tout le monde joue le jeu de ce folklore!
Une fois la clé de la chambre individuelle en poche (chambre, douche, toilette rien que pour moi, je n’ai plus connu ça depuis deux mois! Quel luxe!), je retourne visiter la vieille ville. Je déambule dans les rues, rentre partout où cela est possible jeter un oeil. C’est simplement incroyable de beauté, de vie, d’ambiance, de folklore aussi, et blindé de monde. Aujourd’hui il est arrivé plus de 2870 pèlerins, ne sont comptabilisés que ceux qui sont allés chercher leur compostella!
Ce soir, je retrouve Fabienne, croisée régulièrement depuis Roncevaux avec son hamac et Frédéric, de Rouen. Nous passons un moment en terrasse, dinons ensemble, une paëlla délicieuse. C’est l’occasion de refaire l’histoire de ces 60 derniers jours.
Cette nuit, je vais m’endormir en paix, serein, heureux. Le sentiment que quelque chose s’est terminé… ou que quelque chose d’autre chose commence?




































Tu l’as fait !!! Pas trop les mots pour ce moment grandiose . Mais très très heureux pour toi . Quelle arrivée !!! La journée finale en feu d’artifice d’émotions.
BRAVO!!!!!!tu es arrivé à St Jacques .Je pense qu il te faudra du temps pour réaliser le chemin accompli mais cela t’aura transformé .MERCI pour le partage de tes aventures en plus tu es un sacré narrateur .
Encore BRAVO.
C’est la maman et tes filles qui doivent être fières et contentes de bientôt te retrouver
Christine
Alléluia !!
Je t’imaginais entrant en grande pompe ( malgré l’état des tiennes !!) sous le Porche de la Gloire dans cette immense cathédrale, ultime étape de ton chemin de St Jacques, avec l’ Ode à la Joie ou le Carmina Burana, mais notre pèlerin est humble, discret et surtout il est heureux.
Ce « voyage », notre gentletrekker en a tellement rêvé et notre pèlerin l’a réalisé. Et comment !!!
Qui oserait avoir ce jour l’outrecuidance de te dire: « peux mieux faire » à la vue de ta Compostella ?
Merci pour cette parenthèse enchantée dans notre quotidien.
Merci au marcheur, conteur, capteur d’images, infatigable et enchanteur.
Une page va se tourner, à toi d’en écrire d’autres…
Muchas gracias gentletrekker.
Merci Michel
Et voilou ! Tu l’as fait !
Quel dépassement de soi !
Tu vas en avoir plein la tête pendant un bon paquet d’années.
A dimanche, je te prévois un bon repas 😉
Waouh … alors ca y est , tu l’as fait et surtout tu as réussi à aller jusqu’au bout !
Quelle immense fierté pour toi, pour nous !
Une page se tourne pour laisser place à un nouveau chapitre
Hâte de te voir en vrai pour que tu nous en parles de vive voix et voir tes yeux briller en en parlant !
Bravo pour t être lancé dans cette aventure, bravo pour ta magistrale préparation, bravo pour tes efforts physiques, bravo pour avoir vaincu les moments difficiles, bravo pour ce fabuleux voyage et bravo pour nous avoir fait partager ton aventure.
Félicitations Michel pour ton pèlerinage.
Profite de ces dernières heures en Espagne avant de venir nous raconter de vive voie tes émotions.
Ça y est ! Tu l’as fait ! Arrivé à bon port
Ce sont plus que des félicitations qui s’imposent ! Tu y a pensé, réfléchi, rêvé et maintenant tu voilà la bas !
La cathédrale est magnifique
Plein de bisous
Bon, si après ces vacances sans brain storming, on passait aux choses sérieuses ?
Michel, te reste-t-il quelques souvenirs de ta vie d’avant ? Faut pas rater ta rentrée, alors révise.
Que te rappellent ces mots ? A plus de dix « je ne sais pas », t’as du souci à te faire.
Les terrils d’Houdain, la faïence de Desvres, la tarte au chuc, la Côte d’Opale, le Losc,le mont Cassel, la TVA, le mont de piété, Kubiak, le bourreau de Béthune, ND de Lorette, les capenoulles, le boulot, le carreau du 6, la fosse 7, le patois, les impôts, les restos du coeur, le Cap Gris-nez, le blanc d’Haillicourt, la carte bleue, JC. Casadesus, le cornichon au sel, la babka, les collines d’Artois, la mère Michel, son chat, les volailles de Licques, le château d’Holhain, les kloski, Bollaert, la pièjéna (en phonétique pour les nuls), les moules frites, les radars, les bêtises de Cambrai, la SPA, la ducasse, la bière des 3 monts, les perles du nord, l’enduro, la braderie de Lille…. Cysoing !
Bon retour au pays Michel.