J51 : Santibáñes de Valdegleisas – Astorga – Rabanal del Camino 33,08km – D+523m – D-219m – 7h30
Ne vas pas croire que le 30km est redevenu ma distance de prédilection! Parfois, c’est aussi l’organisation qui s’en mèle et qui me place les villages un peu n’importe où. Et donc, je me retrouve avec une offre d’hébergements trop proche du point de départ, ça oblige à pousser un peu la mécanique.
Le départ à la lampe frontale ce matin, la température fraiche (13°), annoncent une belle journée. Et ce ne sont pas les quelques bruits inhabituels dans les sous-bois et l’apparition d’yeux brillants dans les phares qui vont empêcher ma progression! Le levé du soleil est magnifique et après deux heures de marche j’arrive sur un donativo. De loin on dirait un camp de soixante huitards en résistance dans le coin. Mais que nenni! Quelle belle surprise et agréable découverte : ce lieu regorge de victuailles pour le petit-déjeuner, en donativo donc en participation libre, et tu y trouves tout ce dont tu peux rêver pour un petit-déj complet! Fruits, gâteaux, café, thé, céréales, charcuterie, pain,… tout je te dis! Trois châtons se baladent à travers tout ça – mais la bienséance me demande de préciser qu’ils ne font pas partie du menu, on ne sait jamais, pour les esprits taquins, autant prendre les devants – dans l’abri il y a des guitares, quelques instruments à percussions, des objets hétéroclites (là encore je souligne que des objets homoclites ça n’existe pas, je te vois avec tes blagues douteuses!), bref ça me fait un agréable lieu de quiétude pour me restaurer, en plus j’y suis tout seul. Je me bagarre avec un des châtons qui a décidé de faire ses griffes sur mon sac, l’effronté, et je le tanse d’un gentil revers de main qu’il prend pour un « c’est bien mon gars, tu peux continuer ». Bref, on finit par se comprendre!
Il faut reprendre quand même le chemin au moment où d’autres pèlerins approchent. Le levé du soleil offre une lumière rougeoyante alors que je me dirige vers Astorga que je vois d’assez loin avec en fond de panorama la Sierra du Toleno, qui fait la frontière entre la Maragateria et le Bierzo. Astorga, encore un nom de ville espagnole qui parle, est d’origine romaine, et dès l’entrée je tombe sur des fouilles exposées aux passants. La ville est belle, vivante, sauf que j’y passe trop tôt , 8h30 et que tout est fermé. Les Espagnols vivent décalés par rapport à nous (ou c’est l’inverse) et tout ouvre plus tard (ici 10h du mat’). Ensuite, ils ferment vers 13h pour réouvrir aux alentours de 17h. C’est une habitude à prendre et à se rappeler quand tu cherches une tienda ouverte (épcerie) pour casser la croute. Pas de chance non plus pour moi, ici ça doit être la capitale du chocolat, il y a beaucoup d’échopes qui en vendent, mais fermées… ce doit être un complot fomenté pour éviter ma sur-consommation et aussi pour que mon banquier ne m’appelle pas, après les bières, la sangria et la pacharan, ça suffit les petits plaisirs. Je traverse donc Astorga tranquillement. La sortie de ville, comme l’entrée, ne sont pas jolies. Par contre quelques kilomètres plus loin, je renoue avec le relief, les panoramas sympas, les sentiers couverts de poussière, les quelques petits villages colorés et vivants. Je me rapproche de la Galice en quittant la Castille. Et il paraît que cette région est la plus belle du camino francès, à l’instar de la partie Le-Puy / Conques sur le camino podiensis en France. Je ne demande qu’à voir. En tous les cas, c’est beau, je ne longe plus de routes nationales, c’est calme, ça me plaît bien.
Le village de Rabanal est fait de maisons en pierres, l’auberge que je trouve est en donativo, on y parle que en espagnol ou en anglais, je peux y préparer ma popotte, il y a un grand jardin, je dîne à l’ombre des arbres! Je retrouve une ambiancce de chemin de St Jacques.
Demain : test pour les tendons d’achille. Alors que depuis la Meseta je marche sur un plateau entre 800 et 900 mètres d’altitude, demain matin, en une dizaine de kilomètres, je vais me retrouver au point le plus haut de tout le chemin de St Jacques (France et Pyrénées compris) et je vais tutoyer les étoiles aux alentours des 1500m.
Ça va se passer du côté de la Cruz de Ferro, la Croix de fer. Haut lieu émouvant, symbolique, où je voulais absolument passer mais je t’en parlerai la prochaine fois…


































Un retour aux sources , de nouveau le chemin comme tu l’as commencé , seul à la découverte de l’inattendu ….et reotur des grimpettes , bon courage , tu vas retouver peut-être un air plus frais . Et ensuite ce sera plus « facile » : ça va redescendre !!!! Hate de voir la Galice !!! Prends en encore plein les yeux !!!
L’Espagne est encore pleine de surprises… En regardant les prochains jours, il y a du dénivelé au menu. Et pas n’importe quoi… Ce samedi : col du Cebreiro. Un truc du style hors catégorie… je crois que la Vuelta est déjà passée par là, et ça fait des dégats dans le peloton!!!
Même pas peur des animaux qui essayent de t’effrayer dès le beau matin !
Trop chou tous ces petits chats mais pchiiiit pchiiiit pas les griffes sur le sac non mais oh
Et effectivement joli petit dej en donativo, digne des petits dej buffet des resort
Tu as l’air d’avoir apprivoiser l’Espagne , à voir comment s’est passée l’ascension des 1500m ! Je m’en vais lire l’article de ce pas !