J50 : Oncina de la Valdoncina – Santibanes de Valdegleisas – 30,65km – D+95m – D-111m – 7h15
J50… Plus de 1300 km depuis Le-Puy-en-Velay… quel truc de cinglé! ça veut dire aussi 50 nuits passées ailleurs, dans 50 endroits différents. 50 levés et couchés du soleil, parfois sans soleil. 50 journées différentes malgré les routines. Mais seulement 46 douches puisque si je me rappelle bien, j’ai bivouqué en zones libres sans me laver les fesses 4 fois. Par contre, j’en ai visité des douches! Des plus classes aux plus glacées par temps de pluie mises à disposition par les mairies, pas très regardantes sur l’état sanitaire du bazar! Heureusement, je n’ai pas attrappé la ch’touille, sinon j’aurai râlé… tu me connais!!!
Mais ce cinquantième jour n’était pas le plus rigolo non plus : certes sorti de la Meseta, les payages ont repris des couleurs, du relief et quelques panoramas mais bien vite je suis entré en ligne droite à travers champs de maïs et tournesol. 12 km de route droite, un seul virage, il a plu, à 4km/h de moyenne, ça fait trois heures à marcher droit. Même pas une terrasse pour sympatiser avec une sangria pour donner un peu de corbure à mon déplacement longiligne!
Et puis, le fameux binome des « papis font de la résistane », comme Juan et moi avons été renommés, ou bien les « papis du Muppet’s show »…, et bien ce binome s’est séparé à Hospital de Obrigo. Cela trainait depuis un jour ou deux, volonté de faire chacun son chemin, moi qui lâchait Juan sur quelques centaines de mètres pour m’isoler derrière mes écouteurs, Juan qui me passait des messages qu’il fallait que j’y aille, que le chemin c’est aussi son propre chemin. J’ai l’impression qu’il voulait aussi vivre ces moments en solo.
J’ai donc filé après Hospital, les « au revoir » ont été compliqué pour moi. Je me suis préparé à ne m’attacher à personne durant ce périple. Jusque là ça avait marché. Là… pas!!! Mais comme il habite en Ardèche, que seules les montagnes ne se croisent pas, ça laisse des opportunités de nous revoir.
Je tombe à nouveau au soir dans une charmante auberge, j’y arrive juste avant la pluie… heureux de retrouver des habitudes prises sur la partie française : chercher où dormir, préparer le road book pour le lendemain, faire sa tambouille! Et écrire…
Pour qui ne surfe pas sur les réseaux sociaux, ci-après, voici ce que j’y ai écrit pour annoncer mon cinquantième jour de marche…
50ème jour de marche… 1325 km parcourus… deux chiffres qui racontent d’eux-mêmes la belle et incroyable aventure que je vis. Ne me parle pas d’exploit, ce n’en est pas un. Je rencontre ici des personnes qui se sont battues face à la maladie et par revanche ou reconnaissance viennent se prouver qu’elles sont vivantes. Là, d’accord, ça relève de l’exploit. Je n’ai rien à me prouver, ni à qui que ce soit, j’ai simplement envie d’aller au bout de ce projet : atteindre Saint Jacques de Compostelle. Aujourd’hui je suis passé sous les 300 km avant Santiago. Ça sent le faisable. Le physique tient toujours le coup, même si tout n’est pas parfait. Le mental tient aussi le coup. J’ai déjà rencontré de belles personnalités : des excentriques, des généreux, des souriants, des intéressants. J’ai été émerveillés par mille panoramas et monuments. Cathédrales de Burgos, Leòn, simplement sublimes. J’ai traversé ce fameux désert de la Meseta, en plein mois d’août, pari fou sous parfois 40° à l’ombre… mais il n’y a pas d’ombre dans la Meseta! Et j’ai encore tant de choses à voir.
J’en retiendrai quoi? Peut-etre que je m’en fouts de n’avoir qu’une vie, qu’il faut en profiter parce que ça passe trop vite? Tout le monde dit ça, le fameux carpe diem qui autorise finalement à faire un peu tout et n’importe quoi sous couvert de cette pensée philosophique. En revanche, je commence à comprendre les gens qui me disent qu’il faut tout faire pour atteindre son rêve. Parce que ça, ça vaut vraiment le coup de se donner les moyens et de n’avoir aucun regret même si tu arrives dans les étoiles alors que tu avais visé la lune. J’arriverai peut-être à Saint Jacques, ou pas, en tous les cas j’ai préparé mon rêve et chaque pas est un succès en soi. Chaque pas me pousse à penser à un autre rêve.
Mes photos sont toutes des « one shot », prises sur l’instant. Et parfois la magie opère et je suis heureux de partager ces captures de vues figées là, mais que j’ai pu admirer plus longuement et m’en mettre plein les yeux.











Tu garderas de bons souvenirs de cette belle aventure ! Et j’espère qu’avec Juan vous vous reverrez pour debriefer de votre fin de chemin
Bonne suite à toi
Qu’est-ce que ce serait bien de debriefer avec lui en terrasse… on verra cela plus tard!!! Mais oui, j’aimerais bien le revoir un de ces jours…
Ce n’est qu’un au revoir 🙂
C’est reparti pour ma marche avec les écouteurs et les pensées !
Bonne suite 😘
Les oreillettes sont de plus en plus souvent bienvenues! Lorsque je longe des routes nationales surtout! Et parfois, je choisis les morceaux de musique en fonction de ce que je vois ou ressens, ça ajoute une bande son originale au panoramas que je découvre!
Les chemins se rencontrent , se croisent et se séparent ….mais les moments forts et les émotions restent pour construire petit à petit les souvenirs de pelerins heureux ….