- J40 : Santo Domingo de la Calzata – Belorado – 23,34km – D+336m – D-180m – 6h35
40 jours de marche… je ne réalise pas vraiment.
Bon, hier, pas fou fou le résumé de la journée. Tu as peut-être compris en filigrane, que si j’avais trouvé un bus, je serais bien volontiers rentré à la casa. Pourquoi? Me demande pas j’en sais rien.
Mais comme les jours se suivent sans être jumeaux, aujourd’hui, tout est reparti et me voilà en pleine forme pour passer en Castille. Entré en Espagne par le pays Basque, puis traversée de la Navarre, de la Rioja, me voilà foulant les terres Castillannes. Et je retrouve le soleil, les 30°. Mais, dommage, de longues lignes droites longeant des nationales circulantes, ou pire, des chantiers de constructions d’autoroutes. L’Espagne étant plutôt sur une voie de développement économique, leur priorité est de favoriser les voies de communication et de transport. Malheureusement, parfois comme aujourd’hui, au détriment du chemin de St Jacques historique. Les pelleteuses ont pris la place du pèlerin, celui-ci est détourné vers d’autres chemins créés à la va-vite, ou d’autres voies variantes, et nous ne marchons plus sur les traces de nos prédécesseurs pérégrinos! Bon, on en est pas loin quand même et le regard se portant au-delà de ces chantiers et faisant abstraction des désagréments, le paysage est à nouveau beau, les panoramas offrent du relief. Petite remarque perso, j’ai un peu l’impression d’être dans l’appartement témoin de la Meseta, ce désert que je découvrirai dans trois jours, après avoir passé Burgos. Je me retrouve donc au milieu d’immensités céréalières, les moissons étant faites, les champs sont de paille et ras. D’où des vues plongeantes assez loin vers l’horizon.
Les espagnols, ici en Castille, ont l’air beaucoup plus sympas. J’ai droit systématiquement à un « ¡Hola, buen camino! », à un « Buenos dias » toujours gentil et souriant. Ça fait du bien je t’assure après avoir passé plusieurs jours à avoir l’impression d’être soupçonné d’intrusion clandestine dans le pays tant les regards étaient inhospitaliers… enfin à ma perception. Certes je n’ai fait aucun effort pour apprendre la langue, je ne connais que les bases du « bonjour », « merci » et « une bière s’il vous plaît »!, je le reconnais. Mais maintenant les personnes rencontrées dans les auberges et épiceries font l’effort d’un span-fran-glish que je maîtrise aussi. Alors tout va mieux de ce côté là aussi!
En revanche, quelle désolation à l’approche des villes et villages. Ce n’est pas très beau ni accueillant, plutôt sale, à la différence des cœurs de villes anciennes et qui ont encore du cachet et un attrait touristique. Les églises sont ultra bien décorées, richement, les retables sont immenses et souvent dorés à outrance, on sent bien que le clergé a du pognon ici! Mais aussi qu’il y a une ferveur pour l’église que je ne connais pas chez nous. Les vieilles dames fleurissent les églises, les bouquets sont toujours de fleurs fraĉhes! Bon, la plupart des églises dans les villages sont quand même fermées et dans les bourgades plus importantes il faut payer pour visiter… certes pas un mois de salaire, mais cinq euros par-ci cinq autres par-là… en fait ce n’est pas le clergé qui est riche, ce sont les pèlerins qui sont un peu les financeurs de la beauté des monuments!!! Je ne visite que les monuments les plus imposants, ma foi étant assez limitée, et le prochain sera la cathédrale de Burgos… ou le Décathlon pour racheter une gourde filtrante… sais pas encore!
Ce soir, encore une nouvelle albergue, dortoir collectif. Mais il y a une piscine!!! Et j’en ai abusé et bien profité. D’abord pour me raraîchir les tendons et articulations et puis pour se décontracter et faire comme si j’étais en vacances avec la musique type club qui donne une ambiance très sympa. Et il y a la fête en ville à Belorado, avec le petit groupe reconstitué, ça risque de trinquer à la cerveza ou à la sangria. Mais l’auberge ferme les portes à 22 heures pétantes, il va falloir s’organiser. Ben oui, on n’est pas en vacances, demain les pèlerins se lèvent tôt et pour le respect de tous, les auberges ferment généralement à cette heure. De toute façon, je crois que je suis incapable de veiller plus tard!



















Un acceuil chaleureux revenu , voilà une bonne nouvelle , les espagnols se rattrapent !!! Dommage pour les travaux qui gachent le parcours mais les photos sont toujours aussi belles , il s’en dégage même une impression de chaleur hispanique qui donne envie de se rafraichir aussi , donc la piscine devait être bienvenue .
Tu avais quand même plus à raconter sur les vues et paysages France
En espérant que tu retrouves vite un joli chemin
Perso je vote pour Décat et la gourde filtrante avant le désert …