J34 : Cizur Menor – Puente La Reina – Cirauqui – 29km – D+601m – D-507 – 7h31
Puente La Reina! T’imagines? Chez moi ça veut dire soleil, chaleur, fête! Et bien j’ai eu droit à tout ça aujourd’hui!
Parti au levé du soleil de Cizur, l’étape du jour a été encore une fois magnifique. Lorsque je me retourne, je vois encore au loin les Pyrénées dans le levé du soleil, la métropole de Pampelune, et devant du relief! Il fait encore frais, et ça grimpe gentillement jusqu’à un moment ou ça frôle la montée impossible sur un sentier de pierres et cailloux qui roulent sous la semelle. Mais le physique répond présent, le tendon malheureusement aussi, mais l’ascension se passe tranquillement. Arrivé au sommet je découvre les fameuses sculptures de pèlerins réalisées dans des tôles d’acier. Sculptures que j’ai souvent vues sur les sites de vidéo ou réseaux sociaux, en me disant à chaque fois « je veux aller là-bas »! Et bien j’y suis, heureux comme tout de poser là pour la photo éternelle! La descente de la colline est tout aussi agressive que la montée, ça roule, je fais quelques figures non imposées au programme et reprends le contrôle et le chemin. Petit arrêt à Muruzábal. Avec Gautier on assiste à la messe dans la très belle église San Esteban. Sur le balcon la chorale locale chante pour de vrai accompagnée par l’orgue! Grand moment, même si je ne comprends toujours rien, mais l’instant est encore une fois magique. A la fin de la messe le curé vient nous voir, nous parle en anglais pour nous connaître un peu, sympa, et nous indiquer la prochaine terrasse, super sympa! Et puis il faut repartir! Vers Puente La Reina!
Ce n’est pas une ville très grande, mais très jolie. Dans la rue principale, on tombe, Gautier et moi, sur une fiesta patronale : défilé de groupes locaux, on se fait taper dessus par un gars déguisé en je ne sais pas qui ni quoi et qui tient à la main une espèce de boule en grosse corde attachée à un bâton, et il frappe tout le monde avec ça, forcément, tous les deux avec nos allures de gais lurons, on y a droit! La traversée de la ville est festive, colorée, on trouve de quoi manger un morceau, c’est rigolo!
Mais depuis le matin, le soleil a fait son apparition, et il a décidé de cogner aujourdhui! Il a fait 39° au maximum. Curieusement, je résiste plutôt bien. Mais il faut boire… et pas que de la bière en terrasse! Environ six litres ce jour… d’eau, pas de jus de houblon!!! Et grimper cette montée, cinq kilomètres avant la fin de l’étape. Encore une grimpette à la presque verticale, après chaque virage alors que tu pensais arriver sur un plat ça regrimpe de plus belle… Quelle montée! Heureusement que Gautier est là, il me sert de « lièvre », sans lui j’avais repéré quelques sapins dans la forêt et envisageais de décéder sur place! Je marche depuis trois jours avec les bâtons, j’ai enfin trouvé le rythme et la synchro entre mouvement des jambes, des bâtons, des bras… ça soulage le port du sac, et a fortiori les efforts sur le tendon. Arrivé en haut du sentier façonné type échelle de meunier, un litre de plus absorbé! L’eau bue éclate, mais quel bonheur quand elle nous rafraichie!
L’arrivée à Cirauqui nous prend deux kilomètres avec vue sur le haut village, un champ de tournesol, le passage à travers les vignes. Bon, ça grimpe de ouf dans le village mais le gîte est simplement magnifique, il se mérite il faut croire.
Le petit groupe se reforme dans le même dortoir, chacun vaque à ses occupations, se repose, on se regroupe sur la terrasse qui domine le village avec vue sur l’église. La chaleur a fait quelques dégâts sur les organismes, mais perso je me sens en forme, toujours aussi heureux d’être arrivé jusqu’ici. C’est un sentiment indescriptible, à la fois contemplatif comme je le suis toujours, joyeux, sincèrement content, mais aussi il m’arrive de me demander ce que je fouts là, au milieu de ces paysages de fou, sentiment de ne pas être forcément à ma place… mais je profite, je m’abreuve des échanges avec mes amis pèlerins, je rentre et bouffe littéralement les paysages, et lors de la messe ce matin, j’ai fait un voeu… pour que mon tendon tienne le coup jusque longtemps encore…
J’écris depuis cette fameuse terrasse, il fait 29° à 22H40, musique dans les oreillettes, j’ai les pieds dans une bassine d’eau froide, je contemple la vue, et demain je repars pour un paquet de kilomètres, les jambes et la tête en ont envie plus que jamais, en même temps je sais que ce ne sera pas facile, entre dénivelé, chaleur… mais c’est surtout ça le chemin vers Compostelle, rien n’est acquis…


































Que d’efforts effectués ! Et sous la chaleur ! L’Espagne est rude ! Mais visiblement tu continues de vivre de grands moments (même à la messe !!!! ) et tu participes même aux fêtes locales . Et c’est vrai que maintenant les noms de village sonnent vraiment différemment , on entendrait presque un air de flamenco ….évite de trop danser , garde ton énergie !
Encore une belle étape de réaliser et check les sculptures de pèlerins c’est vu ☑️
Après t’avoir accueilli à sa manière l’Espagne t’offre la fête ! Encore un super moment de décontraction après – entre – tout ce sport !
Que d’effort et que de chemins parcourus, encore bravo bravo
Super la synchro avec tes bâtons, ça va t’aider à aller encore plus loin
« Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort! »…non quand même un peu de sérieux , St Jacques c’est plus compliqué que Fort Boyard , faut le dire !
Les paysages sont différents mais magnifiques !
Courage, et je fais également une prière pour que tendon tienne 👍💪
Bises « fraiches » à 35° seulement 😉